Archives de Tag: biodiversité

Le 11, on ose regarder droit devant

C’est le 11 novembre 1918 à 11 heures que l’Armistice prenait effet, mettant officiellement fin à la Première Guerre mondiale. Depuis ce temps dans les pays du Commonwealth et en Europe, le 11e jour du 11e mois est consacré jour du Souvenir. Une journée pour se rappeler ceux et celles qui se sont battus pour un monde meilleur et pour préserver les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité… Fleur des lendemains de guerre, le coquelicot, qui envahissait presque spontanément les terres dévastées par la bataille, est devenu le symbole du sang versé par ces soldats qui ont abruptement perdu leur vie, souvent dans la fleur de l’âge. Malheureusement, le souvenir de ce conflit majeur se fait déjà lointain. Il a perdu de sa netteté et peut-être de sa portée à mesure que sont disparus ceux et celles qui en ont été témoins. Le coquelicot s’est fané se vidant progressivement de son sens. Pourquoi ne pas lui insuffler une dimension nouvelle en cette année où étrangement les onze s’alignent. Le 11 novembre, souvenons-nous des luttes passées pour mieux envisager les luttes actuelles et celles à  venir. L’un des enjeux décisifs de notre époque est certes celui de l’avenir de notre planète. Défendre les conditions qui garantissent la vie sur Terre, voilà une lutte sans canons, sans fusils, sans bombes, mais une lutte quand même. La survie de notre planète vaut-elle la peine qu’on se manifeste, qu’on se bouge, qu’on se mobilise, qu’on ose regarder droit devant ?

Au-delà du contexte géopolitique particulier, bien des guerres ont été déclenchées par des tensions liées à deux enjeux clés : celui de la cohabitation dans un contexte de diversité (culturelle ou autre) et celui du partage des territoires et des ressources. Or, ces mêmes tensions qui ont amené et amènent encore les peuples à s’affronter, se transposent à l’échelle de la planète et opposent maintenant l’humanité et le reste du vivant. L’insatiable appétit qui a conduit les sociétés humaines à s’approprier de plus en plus de ressources et d’espace est en train de plonger la Terre toute entière dans une crise sans précédent, détériorant les conditions de la vie humaine et précipitant les autres espèces dans un vortex d’extinction inégalé. Dans cet affrontement ultime, l’arme qui se retourne contre nous est de notre fabrication : l’engrenage de la croissance perpétuelle et du consumérisme a enfermé les êtres humains dans une logique individualiste du « toujours plus », une logique irréconciliable avec la réalité écologique et dont il faut se départir.

En ce jour du Souvenir, pourquoi ne pas oser proposer un monde alternatif où le « assez » remplacerait le « trop », où prospérité ne rimerait plus avec PIB, où les actions ne seraient pas boursières mais communautaires, où les humains ne seraient plus consommateurs et où les valeurs, plutôt que mobilières, seraient humanitaires ? Dans ce nouveau monde, l’idéal de respect entre les nations qu’on s’est tué à promouvoir dans la foulée de la résolution des deux grandes guerres aurait évolué vers une forme de fraternité élargie, vers une vraie cohabitation avec l’ensemble du vivant.

« D’ici la fin du siècle, nos enfants et nos petits-enfants seront confrontés à un climat hostile, à l’épuisement des ressources, à la destruction des habitats, à la disparition des espèces, à la rareté alimentaire, aux migrations de masse et, de manière presque inévitable, à la guerre » écrivait récemment Tim Jackson dans son livre intitulé Prospérité sans croissance*. Se désoler silencieusement de cette sombre perspective en attendant la venue d’une figure charismatique ou en espérant que nos gouvernements agissent à notre place équivaut à agiter le drapeau blanc. Il serait intolérable que les hommes et les femmes dont on se souvient aujourd’hui aient payé de leur vie pour que des décennies plus tard nous regardions sans broncher s’éteindre la Vie. Pour que dans des siècles on puisse encore honorer leur mémoire, le moment est venu d’oser se manifester, individuellement et collectivement, d’oser s’armer de paroles et de persévérance, d’oser se porter volontaire pour livrer bataille sur le front des valeurs avant que tout cela ne dégénère effectivement en une guerre planétaire. Le moment est venu d’accorder à la Vie sur Terre la valeur qui lui revient : Liberté, égalité, biodiversité!

Andrée Gendron, Alain Branchaud & Danielle Lavoie

*Jackson, T (2010) Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable. Etopia, Bruxelles. 247 pages.

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Un monument pour célébrer la biodiversité à Montréal ?

Prototype de Bi

Prototype de Bi, future statue de la Biodiversité à Montréal (illustration de Ghislain Caron)

22 mai 2011, Journée Internationale de la biodiversité. Dans la poursuite de son objectif d’élever la biodiversité au rang des valeurs fondamentales de l’humanité, le Projet Rescousse propose de faire ériger un monument célébrant la diversité de la vie sur terre.

La ville de New York, siège des Nations-Unis, a sa statue de la Liberté. La ville de Montréal, siège du Secrétariat de la Convention sur la biodiversité, aura peut-être sa statue de la Biodiversité ? Ville « bi » par excellence (Biodôme, Biosphère, Bixi, bilingue…), Montréal a grand besoin d’un symbole phare pour se projeter dans l’avenir. Ce monument vivant, prenant la forme d’un gigantesque inukshuk reposant sur le dos d’une tortue, pourrait abriter de multiples organisations et événements. Et pourquoi pas un spectacle permanent du cirque du Soleil ?

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www.rescousse.org

Liberté, égalité, biodiversité

L’année 2010 a été proclamée Année internationale de la biodiversité. L’ONU annonçait récemment qu’il en sera de même de la décade à venir. Ainsi, nous continuerons d’être inondés d’informations factuelles sur la crise de la biodiversité : saviez-vous qu’une espèce disparaît toutes les 20 minutes, que le taux d’extinction est actuellement 250 fois supérieur au taux naturel, que les océans se meurent, et que si la tendance se maintient, la moitié des espèces connues auront disparu d’ici 100 ans ? Ces implacables prédictions, toutes plus alarmantes les unes que les autres, fusent de toutes parts et percolent comme jamais aux quatre coins de notre planète. Qui peut aujourd’hui prétendre ignorer ce problème ?

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Êtes-vous bi ? – Le film

Une réflexion-invitation à l’occasion du 22 mai 2011…

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Avec Pierre Verville, Christopher Hall et la voix de Sylvie Léonard.

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    Ex. Je suis bi…noculaire. http://youtu.be/fiJfjTHxgeo #pointbi
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    Ex. Je suis bi…pède. J’aime marcher dans le bois, après une petite pluie. http://youtu.be/fiJfjTHxgeo
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Êtes-vous bi ?

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Intrigué(e)s ? La suite en ligne le 20 mai 2011 aux aurores !

Comment soulignerez vous la Journée internationale de la biodiversité ?

Plus que quelques jours avant le 22 mai, Journée internationale de la biodiversité.

L’occasion est belle : les artisans du Projet Rescousse et la Brasserie Dieu du Ciel ! vous invitent à un Tweet-Up, bref, un rassemblement pour célébrer la biodiversité et poser un geste concret pour la protéger.

Dimanche le 22 mai, la Brasserie Dieu du Ciel ! vous attend au 29, avenue Laurier O. à Montréal dès 15 h. Au bar, lorsque vous commanderez votre premier verre ou votre première pinte de Rescousse, une rousse allemande (Altbier) qui se classe parmi les 10 meilleures de sa catégorie au monde, vous n’aurez qu’à scander le slogan du Projet Rescousse (« Liberté, égalité… Biodiversité ! »), pour qu’on vous remette un verre à l’effigie de la Rescousse (un par personne, jusqu’à épuisement des stocks).

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