La nouvelle économie : quand le « assez » remplacera le « trop »

par Polyp cartoonist (avec sa permission), http://www.polyp.org.uk

Nous avons évoqué précédemment quelques-unes des raisons pour lesquelles un système économique programmé pour croître sans limite est voué à la faillite à plus ou moins longue échéance. Devant ce constat, il nous faut donc imaginer un modèle de remplacement, adapté à notre situation d’êtres vivants, un modèle qui réconcilierait l’être humain et son environnement. N’était-ce pas justement l’ambition du développement durable ? Peut-être… mais en s’alignant sur le système économique ambiant, ce concept conciliant a raté la cible, ne contribuant qu’à entretenir l’illusion que l’aventure de la croissance économique perpétuelle est viable, ce qu’elle ne peut pas être.

Redéfinir les règles du jeu économique mondial est dans l’ordre du possible. Contrairement aux lois qui régissent le fonctionnement de la Nature, ces règles ont été imaginées par nous, déterminées par nous. Elles peuvent donc être changées, par nous. Attaquons le problème de front : pourquoi l’économie devrait-elle croître indéfiniment ? Ne peut-on imaginer une autre trajectoire ? Chez la plupart des espèces animales, le début de la vie est caractérisé par une phase de croissance rapide qui à l’approche de l’âge adulte s’atténue pour éventuellement s’arrêter presque complètement. Les économies émergentes ont certes besoin de se développer pour permettre aux populations qui en dépendent d’atteindre un niveau de vie acceptable. Au-delà d’une certaine taille cependant, les économies ne grandissent plus, elles grossissent. Elles font de l’embonpoint avec tous les désagréments que cela engendre, ne servant plus l’intérêt de la Société mais essentiellement celui des sociétés. Plusieurs études le démontrent : au dessus d’un certain seuil, l’accroissement du niveau de vie ne se traduit plus par une augmentation de la qualité de vie. Dans un modèle économique recadré sur la satisfaction des besoins essentiels à l’épanouissement individuel dans le respect des limites de la planète, les économies matures de nos sociétés riches seraient appelées à surveiller leur ligne voire même à perdre du poids, plutôt qu’à croître indéfiniment.

Ces idées ne sont pas neuves : elles se nomment économie stationnaire (steady state economy), économie de décroissance, nouvelle économie… Ce sont des courants de pensée qui émergent progressivement des facultés universitaires et diffusent dans la société civile. Bien sûr, un changement aussi fondamental ne peut se réaliser en un jour, mais ce mouvement doit s’enraciner quelque part. Et pourquoi pas ici au Québec où nous sommes désespérément à la recherche d’un projet mobilisateur digne des années mythiques de René Lévesque ? Plus qu’un projet de société, la création d’un nouvel ordre économique est un projet d’humanité auquel nous devons nous attaquer sans tarder. C’est sans attendre qu’il faut prendre part aux réflexions, car s’il est une chose dont nous n’aurons jamais assez, c’est le temps.

Andrée Gendron et Alain Branchaud, biologistes et membres fondateurs du Projet Rescousse

Des ressources pour s’impliquer :

Abraham Y-M, Marion L, Philippe H (2011). Décroissance versus développement durable : débats pour la suite du monde. Ecosociété, Montréal. 237 pages.

Un rapport sur l’économie stationnaire

L’obsession de la croissance économique : quand trop n’est jamais assez

Illustration de la Journée sans achat 2008

C’est avec une certaine candeur que le premier ministre du Canada l’a affirmé. Les actions de son gouvernement seront guidées par trois priorités : la croissance économique, la croissance économique et… la croissance économique. Synonyme de santé, de bien-être, de richesse et de prospérité, la croissance économique est devenue un impératif inattaquable et le nouveau Graal de nos dirigeants politiques. Rien de plus normal, nous baignons dans une matrice économique dont le carburant est l’augmentation perpétuelle de la production et de la consommation de biens et de services. Pourtant, c’est l’évidence même : dans un monde aux limites définies et aux ressources limitées, un système fondé sur une croissance illimitée ne peut être viable.

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Un monument pour célébrer la biodiversité à Montréal ?

Prototype de Bi

Prototype de Bi, future statue de la Biodiversité à Montréal (illustration de Ghislain Caron)

22 mai 2011, Journée Internationale de la biodiversité. Dans la poursuite de son objectif d’élever la biodiversité au rang des valeurs fondamentales de l’humanité, le Projet Rescousse propose de faire ériger un monument célébrant la diversité de la vie sur terre.

La ville de New York, siège des Nations-Unis, a sa statue de la Liberté. La ville de Montréal, siège du Secrétariat de la Convention sur la biodiversité, aura peut-être sa statue de la Biodiversité ? Ville « bi » par excellence (Biodôme, Biosphère, Bixi, bilingue…), Montréal a grand besoin d’un symbole phare pour se projeter dans l’avenir. Ce monument vivant, prenant la forme d’un gigantesque inukshuk reposant sur le dos d’une tortue, pourrait abriter de multiples organisations et événements. Et pourquoi pas un spectacle permanent du cirque du Soleil ?

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www.rescousse.org

Liberté, égalité, biodiversité

L’année 2010 a été proclamée Année internationale de la biodiversité. L’ONU annonçait récemment qu’il en sera de même de la décade à venir. Ainsi, nous continuerons d’être inondés d’informations factuelles sur la crise de la biodiversité : saviez-vous qu’une espèce disparaît toutes les 20 minutes, que le taux d’extinction est actuellement 250 fois supérieur au taux naturel, que les océans se meurent, et que si la tendance se maintient, la moitié des espèces connues auront disparu d’ici 100 ans ? Ces implacables prédictions, toutes plus alarmantes les unes que les autres, fusent de toutes parts et percolent comme jamais aux quatre coins de notre planète. Qui peut aujourd’hui prétendre ignorer ce problème ?

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Êtes-vous bi ? – Le film

Une réflexion-invitation à l’occasion du 22 mai 2011…

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Avec Pierre Verville, Christopher Hall et la voix de Sylvie Léonard.

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Intrigué(e)s ? La suite en ligne le 20 mai 2011 aux aurores !

Comment soulignerez vous la Journée internationale de la biodiversité ?

Plus que quelques jours avant le 22 mai, Journée internationale de la biodiversité.

L’occasion est belle : les artisans du Projet Rescousse et la Brasserie Dieu du Ciel ! vous invitent à un Tweet-Up, bref, un rassemblement pour célébrer la biodiversité et poser un geste concret pour la protéger.

Dimanche le 22 mai, la Brasserie Dieu du Ciel ! vous attend au 29, avenue Laurier O. à Montréal dès 15 h. Au bar, lorsque vous commanderez votre premier verre ou votre première pinte de Rescousse, une rousse allemande (Altbier) qui se classe parmi les 10 meilleures de sa catégorie au monde, vous n’aurez qu’à scander le slogan du Projet Rescousse (« Liberté, égalité… Biodiversité ! »), pour qu’on vous remette un verre à l’effigie de la Rescousse (un par personne, jusqu’à épuisement des stocks).

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